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ça n'a rien à voir...

  : Ajouté le 26/3/2007 à 17:23

 

1. A LA RENCONTRE AVEC NEWTON.

Mon père a connu deux chocs dans sa vie, le premier fut pétrolier, le second, mon arrivée sonnante et fracassante sur le sol de l’hôpital lorsque pour une raison indéterminée je glissa des mains de mon paternel.
Mon premier métier fut donc parachutiste…sans parachute. Il est à noté que ce métier exercé à mon insu avait attiré tout autour de moi une foule composée de médecins, d’infirmières et de quelques membres de ma famille effrayée de savoir que l’impact sur le sol de ma tête d’œuf, me laisserait des séquelles irréversibles.
Ces quelques lignes témoignent s’il en était besoin qu’ils ne s’étaient pas trompés.
On fit de grands « OOOOOOOOOH » admiratif, contemplatif devant l’élégance et l’inaction dont je fis preuve avant le choc. Pour mon père ce signe ne trompait pas, c’était une preuve de courage, pour ma mère, cela signifiait plutôt que le petit était emprunté de mal chance.
Le corps médical composé pour l’essentiel de fans d’un instant, retenait son souffle et ne bougeait pas, tant il était paralysé, espérant que la terre soit à l’envers pour retenir le petit ange qui sans aile allait s’écrabouiller, écervelé par le destin, écœuré pour le restant de la vie… On cru jusqu’au bout au miracle, mais celui ci ne vint pas, et le chouinement qui suivit le choc eu pour dénouement heureux une phrase du docteur Latruffe à l’intention de mes géniteurs:
« Félicitations, le petit n'est pas muet… ».
Ce traumatisme causé par mon père eu pour conséquence immédiate de me méfier de lui au moins tant qu’il eu été incapable de m’exprimer ses excuses. Cet affront devant être lavé, je ne me ferai pas prier pour me venger et c’est dans les bras de ma mère que je cherchais en vain à cacher ma honte et surtout ma bosse.
Cet incident fut l’occasion pour moi de subir une longue série d’examens par ailleurs tous réussis, qui me permit de penser que je ferai de grandes études et surtout un grand homme. D’ailleurs le docteur me réconforta dans ma thèse lorsqu’il expliqua à ma mère qui s’inquiétait de l’ornement frontal dont je disposais.
« Ne vous inquiétez pas Madame, le petit à la bosse du commerce… ».

Sage comme une image, photographié, adulé, glorifié, personnifié,j’observais le monde qui s’ouvrait à moi et tous ses individus avec leurs grosses mains qui venaient me serrer la paluche. Ne comprenant rien à ce rituel qui avait l’air de les amuser j’acquiesçait tantôt un sourire, tantôt des pleures, ne cachant pas mon plaisir de jouer de mes sentiments en offrant mes larmes malheureuses ou ma bouille bienheureuse au gré de mes envies. J’avais d’ailleurs choisi d’alterner pour éviter la monotonie et pour susciter des réactions différentes de la part de la famille.
Mais je dois bien avouer que celle qui ne me fit pas rire fut la grand mère Astrid, qui à l’approche du petit prince que je représentais pour moi et accessoirement pour mes parents, eu le malheur de me prénommer chameau suite à l'accident de ma bosse relaté plus haut égard que je portais malgré moi.
Je me réservais pour ma vengeance et celle ci fut plus rapide que prévu.
Mémé Astrid se faisait une joie de me gratouiller le bidon, ce qui avait surtout pour conséquence de jouer avec mes nerfs tant son interprétation joyeuse laissait jaillir un jappement du style :
« guiliguilile petit chameau »et pendant qu’elle me faisait tournoyer d’un coté de l’autre tel la grand "mer" un soir de lune, je sentais que les produits illicites ingurgités par mes soins lors de ma longue série d’examens eurent pour conséquence une remontée gastrique qui ne s’arrêta pas à la frontière de ma bouche, mais vint s’écraser dans les fringues fleuries de ma mémé.
La robe à fleurs et tiges vertes fut recouverte d’un épais laitage aux nombreux grumeaux, et mémé Astrid poussa un cri de d’horreur, suivit d’un regard noire et sombre lorsqu’elle s’aperçut qu’un grand sourire illuminait de joie mon visage.
Je sais lecteur que cette présentation de ma petite personne laisse apparaître un caractère bien trempé. Il n’empêche qu’au fond de moi même j’avais déjà compris que le seul moyen de s’en sortir était le combat, la hargne. C’était décidé je me battrai toute ma vie, et tant pis si celle ci fut composée de gens ayant une dent contre moi.

2. LES DENTS DE LA (Mé)MERE

Mon séjour à l’hôpital ayant causé un dérangement de ma boite à idées, mes parents décidèrent de rentrer à la maison. Celle ci était plutôt sympa, tout était grand sauf mon parc qui lui me semblait déjà trop minuscule pour mon monde. Les jours passaient me rappelant que je devai songer à me venger de mon père, mais pour cela il me fallait prendre du courage et de la force.
Je chiais, pissais, buvais, dormais, criais, mangeais et souvent dans un esprit de contradiction j'inversais l’ordre précédemment cité ce qui avait comme conséquence de mettre ma mère au 400 coups et de créer des scènes d’engueulades incroyables entre mes parents qui si pimentaient la vie depuis mon berceau.
Le temps passait…encore et encore jusqu’au jour ou alors que je déglutinais mon enième déjeuner de la journée, une chose incroyable se passa. J'avais un travail de chef de production qui consistait à vider une mixture verte appelé petit pot poireau choux fleur, dans le grand tuyau de mon gosier, de laisser quelques minutes le mélange opérer, et de renvoyer la sauce par un orifice dont à cette époque je ne soupçonnais l'existence. Tout ce que je sais c’est que ce travail apportait joie et bonheur à ma maman qui ne manquait jamais de me féliciter pour la prestation réalisée, ce qui avait pour conséquence, comme j’étais un garçon bien élevé de continuer avec enthousiasme et entrain cette opération.
Il n’empêche que ce jour là, la machine s’enraya lorsque pris d’une soudaine envie de visiter un palais de nabab, je mis ma langue au plafond pour découvrir le mien. C’étais assez drôle ma langue se baladait et frottais mon palais. Puis pris de vertige elle voulu redescendre en longeant le palais par l’avant en direction de la bouche, lorsqu’un truc dur qui dépassait de ma mâchoire l’arrêta, et me fit me questionner sur l’éventualité d’une nouveauté composant mon être.
Un machin tout dur poussait là au milieu de ce champ vierge de toutes végétations. Pourquoi avais je cette étrangeté d’un millimètre planté là dans le palais.
Doué d'un sens de l'observation extrêmement poussé, il me fallait observer les créatures de cette maison pour comprendre. c'est à ce moment là que mémé Astrid entra dans la pièce pour me souhaiter une bonne nuit.
Avec un grand sourire elle me dit
« Bonne nuit, mon petit »
« hé ka » répondis je.
En la regardant j’avais vu dépasser de grandes dents de mémé Astrid. Il fallait que je mette mes doigts dans sa bouche pour assouvir ma soif de connaissances, comprendre si ce que j’avais dans la bouche ressemblait à la même chose que mémé. Pour cela il fallait que je puisse attirer son attention, mais ce premier essai ne fut pas une réussite, car la mémé resta sourde à mes nombreuses et insistantes grimaces.
D’ailleurs elle était parti dans la salle de bain, et m’avais laissé seul dans mon parc. Quand elle revint quelques minutes plus tard pour voir si je m’étais endormi, je lui avais préparé une surprise pour qu’elle me montre son sourire d’avril. Elle ouvrit les yeux, aussi grand que la bouche et là un choc s’empara de moi…on avait volé les dents de ma mémé. Pris de panique je me cachais sous ma couette et ne bougeais plus jusqu’au lendemain.
Le lendemain mémé me réapparu avec son sourire des grands jours, me laissant perplexe sur la nature changeante des gens.

3. LA RENCONTRE AVEC E.T.

Depuis l’incident sans dent avec mémé, j’avais pris quelques semaines et pas mal de plomb dans l’aile. Je reconnaissais la madame qui me donnait à manger, et qui me regardait en répétant
« Maman » dit « maman », ce qu’en brave petit bien élevé et compréhensif je faisais exprès de transformer en un grand silence…
Mon père lui ne s’approchait de moi que lorsqu’il ne m’avait pas entendu pleurer de la journée. Il faut dire que ma bosse même si elle n’était plus présente sur mon petit crâne, continuait d’hanter mes esprits. Aussi dès que le paternel se penchait sur mon berceau je me voyais dans l’obligation de lui rappeler qu’il n’y a pas que Bruel pour se casser la voix.
Mémé elle, arpentait ma chambre tantôt avec ses dents, tantôt sans dent, ce qui était toujours pour moi un mystère inexpliqué.
Mais ce qui me frappa le plus en ce jour quelconque perdu au milieu de nul part ce fut le petit machin qui déambula près de mon parc. Je ne l’avais encore jamais vu et je ressentais un grand frisson dans le dos lorsqu’à 4 pattes il s’approchait.
C’était le cas là, j’observais cet être vertébré qui avait de grands yeux rond tout comme moi, de grandes boucles blondes, et qui pour me remercier de mon effort de contemplation me tendit un doigt, en l'occurrence le sien à travers le filet. Cette invitation à tester ma première rangée de canine ne pouvait mieux tomber car la compote ne me satisfaisait pas pour croquer la vie à pleine dent. A peine eu-je commencer à mordiller la main de la chose en face de moi, qu’un hurlement jaillit de sa bouche. (Je tiens d'ailleurs à préciser ici que mon frère puisqu'il s'agit de lui eu toujours cette réputation de chochotte tout au long de notre adolescence).
Dans l’instant qui suivit mémé, maman et papa arrivèrent en courant, le tiercé gagnant étant l’ordre inverse d’ailleurs, et à leur regard je compris que je n’étais plus l’enfant chéri de la maison.
On dorlota, chouchouta embrassa la chose inconnu à mes yeux,et on m’oublia dans ce désert affectif.
De toute façon il y avait quelqu’un de trop dans cette maison, c’était décidé demain je préparerai mon évasion du parc…

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