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1. A LA RENCONTRE AVEC NEWTON.
Mon père a connu deux chocs dans sa vie, le premier fut pétrolier, le second, mon arrivée sonnante et fracassante sur le sol de l’hôpital lorsque pour une raison indéterminée je glissa des mains de mon paternel. Mon premier métier fut donc parachutiste…sans parachute. Il est à noté que ce métier exercé à mon insu avait attiré tout autour de moi une foule composée de médecins, d’infirmières et de quelques membres de ma famille effrayée de savoir que l’impact sur le sol de ma tête d’œuf, me laisserait des séquelles irréversibles. Ces quelques lignes témoignent s’il en était besoin qu’ils ne s’étaient pas trompés. On fit de grands « OOOOOOOOOH » admiratif, contemplatif devant l’élégance et l’inaction dont je fis preuve avant le choc. Pour mon père ce signe ne trompait pas, c’était une preuve de courage, pour ma mère, cela signifiait plutôt que le petit était emprunté de mal chance. Le corps médical composé pour l’essentiel de fans d’un instant, retenait son souffle et ne bougeait pas, tant il était paralysé, espérant que la terre soit à l’envers pour retenir le petit ange qui sans aile allait s’écrabouiller, écervelé par le destin, écœuré pour le restant de la vie… On cru jusqu’au bout au miracle, mais celui ci ne vint pas, et le chouinement qui suivit le choc eu pour dénouement heureux une phrase du docteur Latruffe à l’intention de mes géniteurs: « Félicitations, le petit n'est pas muet… ». Ce traumatisme causé par mon père eu pour conséquence immédiate de me méfier de lui au moins tant qu’il eu été incapable de m’exprimer ses excuses. Cet affront devant être lavé, je ne me ferai pas prier pour me venger et c’est dans les bras de ma mère que je cherchais en vain à cacher ma honte et surtout ma bosse. Cet incident fut l’occasion pour moi de subir une longue série d’examens par ailleurs tous réussis, qui me permit de penser que je ferai de grandes études et surtout un grand homme. D’ailleurs le docteur me réconforta dans ma thèse lorsqu’il expliqua à ma mère qui s’inquiétait de l’ornement frontal dont je disposais. « Ne vous inquiétez pas Madame, le petit à la bosse du commerce… ».
Sage comme une image, photographié, adulé, glorifié, personnifié,j’observais le monde qui s’ouvrait à moi et tous ses individus avec leurs grosses mains qui venaient me serrer la paluche. Ne comprenant rien à ce rituel qui avait l’air de les amuser j’acquiesçait tantôt un sourire, tantôt des pleures, ne cachant pas mon plaisir de jouer de mes sentiments en offrant mes larmes malheureuses ou ma bouille bienheureuse au gré de mes envies. J’avais d’ailleurs choisi d’alterner pour éviter la monotonie et pour susciter des réactions différentes de la part de la famille. Mais je dois bien avouer que celle qui ne me fit pas rire fut la grand mère Astrid, qui à l’approche du petit prince que je représentais pour moi et accessoirement pour mes parents, eu le malheur de me prénommer chameau suite à l'accident de ma bosse relaté plus haut égard que je portais malgré moi. Je me réservais pour ma vengeance et celle ci fut plus rapide que prévu. Mémé Astrid se faisait une joie de me gratouiller le bidon, ce qui avait surtout pour conséquence de jouer avec mes nerfs tant son interprétation joyeuse laissait jaillir un jappement du style : « guiliguilile petit chameau »et pendant qu’elle me faisait tournoyer d’un coté de l’autre tel la grand "mer" un soir de lune, je sentais que les produits illicites ingurgités par mes soins lors de ma longue série d’examens eurent pour conséquence une remontée gastrique qui ne s’arrêta pas à la frontière de ma bouche, mais vint s’écraser dans les fringues fleuries de ma mémé. La robe à fleurs et tiges vertes fut recouverte d’un épais laitage aux nombreux grumeaux, et mémé Astrid poussa un cri de d’horreur, suivit d’un regard noire et sombre lorsqu’elle s’aperçut qu’un grand sourire illuminait de joie mon visage. Je sais lecteur que cette présentation de ma petite personne laisse apparaître un caractère bien trempé. Il n’empêche qu’au fond de moi même j’avais déjà compris que le seul moyen de s’en sortir était le combat, la hargne. C’était décidé je me battrai toute ma vie, et tant pis si celle ci fut composée de gens ayant une dent contre moi.
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