AuToCrItIqUe D'Un cHeVeU sUr La LaNgUe...
Tuesday, 20 March 2007 Ã 20:48
Stéphanie est assurément quelqu’un qui compte beaucoup dans ma vie de jeune vieux garçon. Le soir venu lorsque les chiffres et les lettres terminent le combat qui les divise et qu’ils s’assemblent pour former le mot de la fin je coupe le poste de télé et m’occupe de Stéphanie.
Elle est drôle, tendre et sensible…elle me regarde avec compassion, amour et tendresse.
Enfin ce qui me fait dire cela c’est que lorsque je lui apporte sa pâté elle ronronne de bonheur.
Je sais vous allez me dire que c’est n’importe quoi d’appeler un chat Stéphanie mais je n’y peux rien ce n’est pas moi qui est choisi pour elle.
La bestiole appartenait en fait à ma voisine du dessus qui était sage-femme, vieille femme et vieille fille à la fois. Malheureusement un jour madame Marguerite Bavoin de Topin dans un élan rhumatismal sublime s’était coincée le bas du dos alors qu’elle faisait les vitres de sa salle à manger et n’avait pu éviter l’accident mortel qui l’attendait de pieds fermes sur le sol trop dur huit étages plus bas.
Les cousins et cousines de la dame étaient venus en nombre récupérer le peu d’objets qui composaient le décor de sa triste vie, et m’avaient chargés de m’occuper du chat de leur tante le temps qu’ils repassent dans la semaine.
La semaine était passée et eux jamais... repassés.
Je partageais donc mon temps entre deux êtres chers. Stéphanie qui était près de moi au quotidien et une inconnue qui occupait mes soirées sur le net.
Quand on se voyait sur la fenêtre virtuelle ça donnait à peu près ça :
Elle :
« Hello »
Moi :
« ça va ? »
elle :
« oui »
Moi :
« bonn'app »
elle :
« merci »
c’était très intense comme conversation et surtout rempli d'une grande complicité que toi lecteur tu ne peux pas comprendre, car tu n'es pas là pour comprendre juste pour me lire.
Comme je suis un garçon très organisé je m’étais même fait un petit copié collé pour gagner du temps lors de cet échange quotidien.
Mais un jour Les choses changèrent et avec elle l'angoisse d'un dialogue plein d'esprits.
Elle :
« Hello »
Moi :
« ça va ? »
elle :
« oui et toi ?»
Moi :
«moi..euh oui ??? »
elle :
«cool »
Moi:
« tu manges quoi? »
elle:
« là , ben du coulommier coulant »
Moi:
« Trop bien...ça donne envie de te faire un mimi.. »
Elle:
« rire »
Elle:
« viens je t’attend… »
Moi:
« non...je peux pas, il y a les chiffres et les lettres qui commencent ».
Elle:
« ah, trop cool »
Moi:
« et avec ça,le truc qui coule tu manges quoi ? »
Elle:
« ben du pain »
Moi:
« béni? »
Elle:
« oui, amen »
« Au fait tu as passé une bonne nuit ?
Moi :
« ben oui...j'ai rêver je crois...et toi? »
Elle:
« moyenne, je me suis beaucoup reveillée »
Moi:
à cause de qui?
Elle:
« de toi… »
Moi:
« mais je n'étais pas dans ton lit ??? »
Elle:
« justement »
Moi:
« pourquoi tu pensais à moi? »
Elle:
« non j deconne j’ai pas trop pensé »
Moi:
« ah oui je me disais aussi.. ça c'est plus normal»
Ce qui par contre devint moins normal c’est qu’elle ne me parla plus à partir de ce moment là …
J’allais jusqu'à concoter un scénario tragique pour une histoire dramatique, imaginant une mie de pain tentaculaire tentant une attaque surprise dans le gosier de la demoiselle et sans eau ni bas (elle n’en portait jamais…je le sais), elle avait succombée dans une douleur atroce et surtout lente,laissant impayée sa facture d'accès à internet...pour lire les tribulations d'un mec pas net sur le net.
L'instant d'après, le générique des chiffres et des lettres (Tata talata tatatata tala… chantez tous en coeur) stoppa brutalement ma réflexion sur cette triste fin…et maître capello m'arrosa de bonheur devant la magnificence indéchiffrable de la langue française.
Chapitre suivant le précédent.
On a beau croire que la vie est facile tous les jours, il faut se méfier car quelques fois on a des surprises. Tiens l’autre jour je me lève à 6H53 comme tout les matins depuis 20 ans et je m’aperçois que la voisine du dessous n’est pas encore réveillée.
Par politesse, et vu que la veille entre 23h10 et 23h14, elle avait cru bon de me faire profiter de ses ébats avec un jeune mâle en attente de poils pubiens sur la truffe, je décide de lui signifier que je me lève en tapant du pieds avec ma charentaise fourrée (on a le look que l’on peut), puis m’aventure jusqu'aux toilettes retranscrire un reportage des chutes du Niagara que j’ai vu la veille sur Arté.
Fier, enthousiaste, motivé, tout en réfléchissant tel une bande fluo, je commence par me gratter les…c…cheveux bien sur.
Ma moumoute est de plus en plus dégarni, mais mon passage rapide devant le miroir me laisse contempler une splendide silhouette que personne ne voit car je ne fais pas encore de naturisme dans les rues de ma ville.
Conscient d’être bâti comme Maître Capello pour la tête et Sim pour le corps, mais trop inconscient pour comprendre que cela m’empêchera de faire une carrière internationale dans l’assemblage de lego, je décide de changer de caleçon.
7H02 j’ouvre la caverne d’Ali baba mais les 40 voleurs ont finis de dévaliser le frigo.
Une tartine de pain sec, et un cornichon m’accueillent encouragés par une date de péremption qui s’agite du bocal. Avec un couteau je saucissonne le cornichon pour en faire un magnifique cactus qui s’étale de tout son long sur ma tranche de pain rassis.
Dans ce sublime décor alors que le soleil éclatant de joie tape dans mes carreaux comme pour s’inviter à ma table, je contemple mon chef d’œuvre.
En fait je ne le contemple pas longtemps car mon estomac essaie de m’inviter à trouver l’animal qu’il imite et il a beau insisté avec ses CROACROA rien y fait, je ne comprends rien.
Comme je suis joueur je cherche encore et encore jusqu'à ce que je me décide à donner ma langue au chat.
C’est alors que Stéphanie, le chat qui ronronnait tranquillement jusqu’ici vautré dans mon canapé se lève d’un bon et d’un coup de patte essaie de me choper la langue…mais comme c’est la cousine d’asrael (le Miron de gargamelle) elle me loupe.
L’air de rien comme à mon habitude je me décide à avaler ce hors d’œuvre original avant de le recracher immédiatement terrassé par l’acidité terrifiante de ce cornichon.