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LA PERMANENTE AUX BIGOUDIS

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: Ajouté le 15/4/2007 à 22:59

La permanente aux bigoudis (extrait)

mardi, 03 avril 2007 à 09:42

LA PERMANENTE AUX BIGOUDIS.


Il est une vieille petite dame dans un petit immeuble d’une très grande ville qui n’a jamais connu le coiffeur.
Le décor étant planté il ne reste plus qu’a présenter le coiffeur, homme aux larges épaules et à la face de profil qui descendant d’une famille d’ascensoriste a toujours pu s’enorgueillir de ne jamais faire d’escalier à ses clientes frisées, permanentées, chouchoutées, bouclées, lissées mais jamais lassées.
La réputation de cet homme n’étant plus à faire à la lecture des quelques lignes du dessus l’histoire peut donc commencer cinq mois plus tard.

Tout commence donc, là ou tout fini pour chacun d’entre nous ; dans une grande boite en bois. Il est dix heures du matin et les pleures assassinent l’ambiance agréable de ce jeudi presque frais pour un mois de mai. Aujourd’hui on enterre entre autre Rose de Graimbeville née Boufardelle 82 ans au compteur et ma foi plutôt bien portante si l’on en crois la gueule que tirent les quatre types tous de noir vêtus qui s’agitent les méninges en se demandant pourquoi il manque dix centimètres en largeur pour faire rentrer la grande boite dans le trou en terre prévu.
Cette agitation créée par l’étonnement des molosses préposés aux services mortuaires renforce à la douleur magnanime des proches de la défunte.
L’abbé Stiole grandement chaussé par une belle paire de sandale chaussant 47 tout en latex made in china achetée du matin même et encore empruntée d’un prix provisoire sous le talon arrive l’air fort mécontent jusqu’aux porteurs décomposés par le poids du colis en leur chuchotant « ce n’est pas le bon emplacement. Madame De Graimbeville doit reposer derrière et non ici ».
Je remercie ce disciple de dieu, et pour cause, cÂ’est moi qui dans quelques minutes reposerais ici.

Je m’appelle Emile Diou, ou plutôt je m’appelais et je vais vous raconter la formidable aventure de ma vie.
**************************************************- *******
Petit j’étais un ange pour beaucoup de parents, sauf pour les miens. Impassible dans le grand livre de la vie, j’apprenais mais ne retenais pas, préférant vivre au gré de mes envies, de mes désirs, de mes sentiments, voir de mes émotions.
Je n’aimais pas le monde, mais aurait vraiment aimé que lui m’adore, qu’il m’adule, qu’il voit en moi le messager d’un genre nouveau. Malheureusement pour moi le monde ne me vit pas et je dû me résoudre a n’exister que pour moi.
De cette simple constatation naquit mon personnage. Un anti - héros sans pouvoir, contraint de vivre ses illusions dans sa tête, obliger de ne pas les partager.
Tantôt ange, tantôt démon je ne pris jamais la bonne apparence au bon moment et devint rapidement un hybride néfaste à l’épanouissement de mon entourage du moment.
JÂ’avais trois ans.
Il semble bien que ce sentiment de rejet de ma personne provoqua rapidement chez moi un mal être profond qui me poussa a une remise en cause obligatoire tant je ne comprenais pas les gens. Décidé a m’ouvrir a cette race étrange qu’est l’humain je cherchais par tous les moyens à en comprendre les failles et a sympathiser avec mes camarades de jeu féminines lors des parties de marelles, mais ne m’approchait surtout pas des garçons obsédés par la guerre et non par l’amour.
JÂ’avais quatre ans.
Plus tard, je compris que la prof de philosophie avait choisi cette matière parce que Platon était le nom de son pauvre cochon dinde qui dut supporter pendant 17 années et demie cette personne dont la passion pour le tricot n’égalait pas celle des timbres. Pauvre bête. Ce que je ne compris jamais par contre et ce malgré mes nombreuses réflexions sur le sujet, c’est pourquoi elle avait de la barbe.
JÂ’avais sept ans.
Après tout s’enchaîna si vite, j’ai connu les plus belles filles, fréquenté les plus grandes écoles, conduit les plus belles voitures, je suis sorti dans les endroits les plus en vue, j’ai vécu comme un prince.
Je me suis offert ce qu’il y avait de plus cher, de plus chic, de plus grand. J’ai habité des palaces somptueux, connu les plus grandes stars, fréquenté les hommes les plus influents, touché les plus belles princesses, caressé les déesses les plus glamour du moment, j’ai même fait l’amour avec…

A ce moment une voix intervint du fond de la cour
« Nan mé ça va pas de raconter des histoires comme ça a des enfants, espèce de fou va ! ! ! »
La volée de marmots qui m’écoutait se dispersa alors en un instant dans un piaffement bruyant et incompréhensible jusqu'à la hauteur de l’auteur de ces mots a mon intention qui avait appuyé ses propos en agitant son grand balai.
Madame Grosbouillon ne m’appréciait guère, elle n’aimait pas l’idée que je puisse raconter n’importe quoi à n’importe qui sous prétexte que mon modeste métier d’écrivain m’ouvrait la porte a un univers ou la seule limite était mon imagination et avec sa vision du monde trop étroite elle jalousait sûrement intérieurement la facilité avec laquelle je pouvais dire, faire croire, enchanté, faire pleurer tristement ou joyeusement. C’est vrai j’étais écrivain et pas le génie annoncé quelques lignes plus haut.
Plutôt modeste de nature, un peu légèrement décalé et trop a l’étroit dans ce monde, j’avais compris très tôt que ma vie ne serai pas la même que celle de monsieur tout le monde, j’avais vite saisi que de savoir si on mangeait à 19h15 avant le Kéno ou après pour mieux voir le film au grand désespoir du soir n’avait pas beaucoup d’intérêt pour moi. Alors j’ai commencé par rêver d’abord les yeux fermés puis ensuite ouverts.

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